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Ad Hoc

Les Rencontres Ad Hoc recherche des habitants pour accueillir des artistes pendant le festival.

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Histoire


Au premier siècle avant Jésus-Christ, le peuple des Vocontii occupait la partie de la Narbonnaise comprise entre Durance et Rhône. Jules César en 58 avant J-C se rendant compte qu'il n'a pas assez de troupes pour empêcher les Helvètes de traverser la Gaule (prétexte à la conquête de la Gaule)  note dans le chapître 10 de la Guerre des Gaules, qu'après avoir traversé au plus court les Alpes avec cinq légions supplémentaires qu'il vient de lever en Gaule Citérieure(Plaine du Po) rencontre d'abord les Caturiges-habitants de la haute vallée de la Durance vers le Mont-Genèvre- et "parvient en sept jours, après plusieurs combats victorieux, chez les Voconces" in fines Vocontiorum die septimo pervenit". Ce peuple gaulois occupait donc un territoire allant de Vaison à la basse vallée de l'Isère et du Rhône au territoire des Hautes Alpes. D'ailleurs on ne compte pas les villes- Die, Aouste... portant le nom de ce peuple – Dea Vocontiorum... Mirabel et Blacons est donc en territoire Voconce.

Sur la Butte de La Motte, a sans doute existé au Haut Moyen-Age un château en bois qui marquait le début de la féodalité. En 1091, nous trouvons les premières mentions du prieuré de Serre Méan – le Serre du Milieu – que la bulle du pape   Urbain II confirme comme possession du monastère Saint Martial de Limoges. Quand les chanoines de Saint Ruf en Avignon fuient cette ville à cause des troubles, ils s'établissent dans l'île de l'Epervière que l'évêque de Valence leur avait vendue. A cette époque sans doute le prieuré passe sous la dépendance des chanoines de Saint Ruf.

En 1165, premières mentions de l'existence de Mirabel dans le cartulaire des évêques de Die. On trouve l'appellation " Castrum de Mirabel", propriété de l'évêque de Die. De peu d'intérêt stratégique après le rattachement du Dauphiné, cette résidence seigneuriale fortifiée peu occupée est vite laissée à l'abandon. Un village construit sous le château se maintient entre les remparts élevés pour le protéger des incursions.

Sans connaître la date exacte, on peut penser que la petite église consacrée à Saint Marcel, ancien évêque de Die, est construite entre le XII° et le XIII° siècle.

En 1213, un certain Ponce de Mirabel prend l'habit religieux : ce fait atteste qu'une famille porte le nom de Mirabel. Par ailleurs le cartulaire – sorte d'inventaire des possessions d'une abbaye, d'un château, d'un prieuré – de Léoncel cite la chapelle de "Serre meia".

En 1490, les habitants de Mirabel demandent l'autorisation à l'évêque de Die de capter les eaux de Gervanne au niveau du pont de Vaugelas et de les canaliser pour irriguer les prairies.

En 1483, une grande épidémie de peste.

Le 14 juin 1530, l'évêque de Die autorise les habitants d'Aouste à construire  le  canal de Gervanne partant de Romane et allant se jeter dans la Sye (il faut rappeler que le territoire d'Aouste comprenant le quartier de Bellevue était séparé de celui de Mirabel par la Gervanne, et ce n'est qu'en 1946 que la limite des deux communes a été repoussée jusqu'au pont des Grands Cheneaux ).

En 1560 Claude de Mirabel se rallie à la Réforme.

En 1564, une autorisation est accordée pour la construction du canal des Berthalais.

En 1574, le village de Mirabel est occupé par les mercenaires italiens des troupes royales. Selon les "mémoires de frères Gay", ils auraient été environ 4000 et plus de la moitié seraient morts du typhus : aucune trace de cette hécatombe cependant n' a été retrouvée.

Le chef protestant Charles Dupuy-Montbrun tombe dans une embuscade au pont de Mirabel. Il est emprisonné à la Tour de Crest et est condamné à mort à Grenoble et exécuté.

Claude de Mirabel  en 1576 inspectait les remparts de Livron : une pierre tombe d'un rempart et le tue.

Le 26 janvier 1586, Mirabel est pris par le Duc de La Valette, Louis de Nogaret lieutenant général du Dauphiné. Il démantèle le château (castrum).

Les lettres du Roi Louis XIII ordonnent la destruction des remparts de Livron, d'Aouste et de Mirabel en novembre 1622.

Le 18 juin 1642, Hector d'Armand de Forest, ayant vendu son fief de BLACONS de la Roche Saint-Secret, transporte ce toponyme sur le territoire de Mirabel en Diois et nomme ainsi les terrains situés au confluent de la Drôme et de la Gervanne précédemment appelés "le Devès".

En 1664, une visite pastorale de l'évêque constate la présence prédominante de la religion réformée à Mirabel, que le prieuré de Serre Méan est rasé et qu'il n'y a pas de trace d'église.

Dans le même temps, l'exercice de la religion réformée est condammné pour forclusion par les Commissaires de l'Application de l'Edit de Nantes, alors que ce même Edit de Nantes n' est révoqué qu' en 1685.

En 1676, construction de la maison curiale de Mirabel.

En 1687, le village de Mirabel compte 54 familles protestantes qui dépendent de la paroisse protestante de Beaufort qui possède un temple et un cimetière.

Au cours du XVIII° siècle, des moulins à papiers sont installés à Blacons pour le compte du marquis par les Florentins, nommés De Passis, fixés à Crest. Ces moulins existaient  déjà à Crest en 1419 construits au quartier Soubeyrand.

Au cours de ce siècle, la chapelle de Serre Méan est reconstruite : le dernier évêque de Die en fait l'inventaire précis en 1767.

En 1788, Henri François Lucretius d'Armand de Forest, marquis de Blacons, est délégué de la noblesse aux Assemblées du Dauphiné à Vizille et Romans. Il fut un ardent partisan de l'abolition des privilèges et se solidarisa avec le Tiers-Etat. En 1790, il signe une protestation contre le excès de la Révolution et en 1791, il vend tous ses biens et s'exile en Afrique du Sud puis aux Etats-Unis où il se marie. Il a une fille , la future marquise d'Andigné. Il revient à Paris et poursuivi par ses créanciers, il se suicide en 1805.

En 1792, le curé Martin refuse de prêter le serment à la Constitution Civile du clergé. Il distribue ses meubles et s'enfuit de nuit le 10 octobre pour se réfugier dans son  village natal de Marignac dans le Diois.

En 1793 la maison curiale de Mirabel est vendue comme bien national à un nommé André Lafont qui la céde ensuite à Jacques Achard. Celui-ci la vend à la commune qui en fait la nouvelle école et la salle du Conseil Municipal. Cette école restera en service jusqu'en 1906  : le bâtiment est démantelé en 1923 et les matériaux vendus.

Le 23 janvier 1793, Jean Antoine Gailhard, père de Charles Antoine, drapier à Crest, achète pour en assurer la consevation la chapelle de Saint Pancrace à Suze et la chapelle de Serre Méan qu'il transforme en caveau familial : la drenière inhumation date de 1900.

Entre 1803 et 1804, plusieurs différends apparaissent sur le partage des eaux de Gervanne entre les usines des Berthalais, celles de Blacons et de Romezon et même Aouste.  Des arrangements sont obtenus,  preuve que la force motrice de l'eau était déjà bien utile aux différents usiniers qui s'étaient établis ici pour cette raison précise.

En 1805 la commune prend le nom de MIRABEL ET BLACONS

En 1806 les anciennes propriétés du marquis de Blacons ayant déjà changé de main sont en vente. Elles sont cédées en deux lots :

En 1818 les premières feuilles de papier sortent des papeteries Latune. Et en 1823, la commune d'Aouste vend à la papeterie Latune la parcelle de terrain qui sert de déversoir à la sortie ddes trubines et sa restitution au canal d'Aouste ; la servitude est cependant maintenue.

En 1826 ont lieu les dernières inhumations dans le cimetière de Mirabel près de l'église désaffectée : la population de Mirabel est de 349 habitants en 1835.

C'est en 1835 qu'est crée le cimetière catholique situé près de la Croix du Jubilé de 1826 sur un terrain donné par Mr Charles de Gailhard ; la bénédiction a lieu et les murs de clôture sont élevés au moyen d'une souscription volontaire des paroissiens catholiques. L'évêque de Valence Mgr La Rivoire de La Tourette interdit sous peine de suspense toute inhumation dans le vieux cimtière de Mirabel.

En 1848 à l'occasion de la révolution, les Blaconnais plantent l'arbre de la Liberté toujours visible aux Rivières. La population est alors de 499 habitants.

En 1849 la route de Beaufort, simple chemin vicinal est classé, ce qui amènera plus tard en 1852 d'envisager  la construction du pont de Romane.

En 1851 à l'occasion du Coup d'Etat du prince-président, de 150 à 200 personnes de Mirabel rejoignent aux Berthalais la colonne descendant de la vallée de la Gervanne. A Blacons, les portes des papeteries sont closes pour empêcher le départ des ouvriers : ceux-ci cessent néanmoins le travail.

A plusieurs reprises le conseil municipal de Mirabel soutient le Prince Louis-Napoléon et l'appuie pour sa marche vers l'Empire.

En 1853, la rectification de la route impériale 93 (pont sur la Gervanne) ayant rendu impossible l'accès au chemin vicinal 1 allant de Blacons à Mirabel, Mr Charles-Antoine-Ennemond de Gailhard fait ouvrir un nouveau chemin au travers de sa propriété  : il demande qu'un échange soit effectué.

Entre 1856 et 1859, décision de la construction d'un temple à Mirabel et d'effectuer des réparations urgentes à l'église Saint Marcel. Aggrandissement du cimetière protestant. Mr Charles-Antoine-Ennemond de Gailhard propose de construire une nouvelle église à Blacons : refus du conseil municipal à cause des subventions votées pour la restauration de celle de Mirabel.

En 1860,  le cimetière protestant est clos de murs et l'évêque de Valence relance le débat en réclamant une église à Blacons ; le sous-préfet propose que la commune accepte de renoncer à réparer l'église de Mirabel : la somme prévue à cet effet serait sa seule participation à l'édification de la nouvelle : un débat s'instaure pour définir l'emplacement. Le conseil persiste dans le choix de garder Mirabel et pendant ce temps, au cours de l'année 1861 l'église de Blacons (chapelle de Gailhard) est hors d'eau ; elle est bénie le 15 décembre et placée sous le vocable de l'Immaculée Conception et de Saint Joseph. Elle n'est pas encore reconnue comme église paroissiale.

En 1863 une pluie torrentielle emporte la passerelle sur le Charsac (Au Chailard ?). Le conseil municipal décide de la remplacer au plus tôt.

En 1866 un décision est prise pour réparer le clocher de l'église Saint Marcel mais l'église de Blacons, propriété de Mr Charles-Antoine-Ennemond de Gailhard, est achevée. L'église de Mirabel est définitivement abandonnée, en fait mais pas en droit.

En 1871 des réparations sont faites à la passerelle des Berthalais, dans le même temps des demandes réitérées jusqu'en 1875 sont faites pour l'installation d'un bureau de tabacs dans ce hameau. Mais le conseil rejette la pétition demandant une école aux Berthalais en 1875. Une vente de coupe de bois sert à la construction du mur de soutènement de l'école de Mirabel.

L'année suivante une école mixte libre est organisée aux Berthalais dans les locaux de l'usine Rey où loge l'institutrice. La même année institution de la gratuité scolaire dans la commune. La commune compte en 1877 exactement 593 habitants, il n'y en aura plus que 552  en 1882.

En 1878 le traité du 20 juillet avec la commune de Crest permet avec l'accord de tous les intéressés de construire un barrage destiné à mieux alimenter le canal de Gervanne et également à établir une prise d'eau de 24 litres-seconde pour son réseau d'eau potable.

L'abbé Marie-Louis Blaïn, curé de Mirabel et Blacons achète un terrain pour édifier une maison curiale : actuelle cure.

En 1885, mise en service du chemin de fer sur la rive gauche de la Drôme : cette nouveauté amène à envisager un pont sur la Drôme pour remplacer le bac (question débattue depuis 1867) et pour pouvoir relier Blacons et la vallée de la Gervanne à la station de chemin de fer de Piégros. Mais le tracé de la nouvelle route

(Chemin Vicinal 6) traversant la propriété de Mr de Gailhard sera à l' origine d'un procès que perdra Mr de Gailhard : le bac est suprimé en 1890 et le pont inauguré en 1891. Dans la même période la passerelle des Berthalais sur la Gervanne est remplacé par un pont achevé en 1894.

En 1888 création éphémère d'une école libre à Blacons financée par la famille Latune mais la tentative de la faire reconnaître comme école publique échoue.

En 1901, la rectification du chemin de Sauzet et la construction d'un pont sur le Charsac au Chailard améliore la circulation dans la commune qui compte alors 581 habitants.

La famille Latune, propriétaire des papeteries qui portent leur nom acquiert le "château".

En 1905, le persbytère protestant nouvellement construit aura comme premier occupant le pasteur Marc Boegner, homme de lettres français, président du Conseil OEcuménique des Eglises et président d'honneur de la Fédération protestante de France. Cette même année, un canal est creusé sur la Drôme pour alimenter une turbine électrique à l'embouchure de la Gervanne.

L'année suivante voit la première demande de rattachement du quartier de la rive droite de la Gervanne, faisant partie de la commune d'Aouste-Romezon,La Plaine,Le Cros d'Aouste, les Foulons, Peyrouland, Sommelonge, regroupé ultérieurement sous le nom de Bellevue. Cette demande n'aboutira qu'en 1946.

En 1906, a lieu le transfert de la mairie et de l'école de Mirabel à Blacons. A partir de ce moment et avec le développement des usines de la vallée, le village originel de Mirabel va peu à peu se vider au profit de Blacons : la commune compte alors 578 habitants.

A la fin de l'année 1912 après beaucoup de discussions la construction de l'école et la mairie de Blacons est enfin décidé ainsi qu'une école aux Berthalais qui sera commencée plus tard. L' année suivante les PTT proposent de créer un bureau de poste aux Berthalais qui desservirait aussi Montclar et Suze mais le conseil municipal refuse, cependant le rattachement au réseau téléphonique est réalisé – il avait été ajourné en 1899 . Cette même année 1913 voit la construction de la salle paroissiale par l'abbé Voisin.

En 1914, la simple station de Piégros est transformée en gare et le mois de juin, des crues exceptionnelles vont détruire plusieurs ponts dont certains ne seront reconstruits correctement qu'après la Grande Guerre : le pont du Chailar, le pont de Charsac, le pont de Gervanne à Blacons et aux Berthalais. A l'automne et au printemps suivant, l'école de Blacons inachevée sert d' "ambulance auxiliaire" pour les blessés de guerre pour lesquels des collectes sont effectuées dans les maisons.

En 1927 la commune est enfin électrifiée.

En 1929, les Blaconnais déécident d'ériger un monument aux morts de la guerre construit avec l'argent d'une soscription publique. Ce monument sera construit en 1931 sur un terrain cédé par MM. Gailhard et Latune. En 1930, une école s'ouvre à Charsac dans les locaux de la ferme Praneuf qui va fonctionner jusqu'en 1966.

Il est difficile de parler de faits récents car certains acteurs ou victimes sont encore vivants : on peut toutefois rappeler des faits connus de tous :

Le 21 juillet 1944, les troupes allemandes montent à l'assaut du Vercors. Elles sont accrochées au Pont des Grands Cheneaux par les Résistants de la Compagnie Chapoutat : ces combats font trois victimes civiles : Charles Ravel, Paulette Armand et Marie Chauvin. Le 28 août, la DCA américaine en embuscade dans la plaine de Mirabel près du mur du Parc Latune abat un avion allemand, piloté p     ar le lieutenant Théo Spiess. L'appareil vient s'écraser au quartier de Charsac : le pilote est tué sur le coup : il est inhumé sur place et n'a jamais été déplacé selon le voeu de sa famille.

Derniers repères :

       ( voir Patrimoine )